Formateur d’adultes : un métier à part entière !

 

La professionnalisation du métier de formateur d’adultes est une sorte de serpent de mer qui n’en finit pas de faire débat. Un sujet vieux de plusieurs décennies encore bien vivant…

Les profils des personnes qui exercent une fonction de formateur-trice d’adultes sont aussi variés que leurs statuts, lieux d’exercices ou niveaux de qualification. Certaines sont amenées à animer ponctuellement des formations au sein de leur entreprise tout en y exerçant une fonction principale (technicien, employé administratif…), d’autres exercent un rôle de gestionnaire de la formation au sein d’organismes de formation technique, d’autres encore sont consultants externes chargés de la formation de travailleurs en entreprise. Enfin, il en est certains dont le rôle consiste à former des demandeurs d’emploi ou travailleurs au sein d’organismes de formation et d’insertion socio-professionnelle. Les agents de la formation d’adultes exercent des métiers tellement différents qu’il n’est pas toujours aisé de se faire une image précise du champ d’activité de la formation d’adultes.

Pourtant, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que le métier de formateur d’adultes occupe une place de choix dans les transformations économiques et sociales en cours. En effet, plus que jamais, le formateur d’adultes participe à la « construction » et à la « reconstruction » des individus, il contribue à les faire « bouger ». La formation d’adultes contribue à la réinsertion d’un jeune demandeur d’emploi sur le marché du travail, elle facilite la promotion d’un travailleur au sein de son entreprise ou encore, elle permet la reconversion d’un travailleur âgé vers des secteurs d’activités nouveaux…

Malgré sa contribution économique et sociale difficilement contestable – en France, on ne recense pas moins de 200 000 personnes travaillant dans la formation d’adultes – les métiers de la formation d’adultes ne reçoivent pas autant d’attention que les métiers de l’éducation. Les métiers de la formation d’adultes font moins de bruit dans les médias que les métiers de l’éducation. Ce constat est également partagé au niveau de littérature scientifique qui est beaucoup plus fournie lorsqu’il s’agit des métiers de l’éducation comparativement aux métiers de la formation d’adultes.

Le métier ne fait à l’heure actuelle pas l’objet d’un référentiel officiel ni d’un parcours diplômant, de nombreuses filières existent pour devenir formateur/trice. Les parcours de formation devraient-ils être plus reconnus, certifiés ? Comment qualifier ce métier aux facettes multiples ? A l’évidence, un effort de connaissance s’impose pour mieux cerner le travail effectué par les agents de la formation d’adultes ainsi que les réalités vécues par celles et ceux qui la font vivre.

 

Une professionnalisation en marche

Cet effort de connaissance du métier de formateur d’adultes résonne avec d’autant plus d’acuité que l’on assiste depuis plusieurs décennies à un mouvement – toujours en cours – de professionnalisation de la formation d’adultes. Certes, le rythme de professionnalisation est très inégal d’un secteur d’activité à l’autre. Néanmoins, on constate que le métier de la formation d’adultes relève de moins en moins de l’improvisation. C’est ainsi que de nos jours, un-e formateur-trice d’adultes est socialisé-e à son métier au travers d’une expérience, d’une formation, de la participation à des réseaux ou de toute structure au sein duquel il/elle va entretenir une culture commune.

Suivant cette logique de professionnalisation, on voit apparaître une segmentation du marché de la formation d’adultes. Certains formateurs d’adultes vont se positionner sur le marché de l’insertion, d’autres sur le marché de la consultance, d’autres encore sur celui des pédagogies innovantes ou du numérique pédagogique….

Plusieurs phénomènes ont contribué à ce mouvement de professionnalisation des métiers de la formation d’adultes. Parmi ceux-ci, citons la concurrence et la compétitivité au sein des marchés de la formation – la formation d’adultes s’inscrit dans une économie de services faite d’appel d’offres, de cahier des charges… – qui font en sorte que l’amateurisme est de moins en moins toléré. Dans un tel contexte, la professionnalisation est une impérieuse nécessité pour continuer d’exister. Par ailleurs, cette dynamique de professionnalisation a été également soutenue par les instances européennes et nationales. Le cas de FormaForm est exemplatif à cet égard puisque ce centre de formation de formateurs qui a pour mission la professionnalisation des formateurs de la formation professionnelle a vu le jour grâce à un projet européen.

 

Une conférence de consensus sur les formateurs d’adultes

Un avis du Conseil de l’Education et de la Formation daté de 2001 révélait que les formateurs de la formation professionnelle avaient peu l’occasion d’échanger sur les réalités de leur métier. Dix-sept ans plus tard, ce constat n’a pas changé !
Dans le but de répondre à ce besoin de délibération participative, FormaForm, organise une conférence de consensus (ou conférence citoyenne) sur le thème de la professionnalisation du métier de formateur.

La conférence de consensus est une réunion de réflexion collective qui aide à éclairer les sujets complexes et/ou controversé. Elle a pour enjeu, à partir d’une problématique sociale large et légitimée, de construire des positions communes, d’aboutir à des recommandations publiques (politiques) et d’identifier les actions les plus pertinentes à mettre en place pour augmenter la qualité d’un processus ou d’un système. Elle est fréquemment utilisée dans le domaine médical depuis les années 70 et plus récemment dans le domaine des sciences sociales. Son principe est toujours le même : renforcer et élargir le processus de délibération avant toute prise de décision dans des domaines aussi variés que le domaine médical, judiciaire, technologique…

Concrètement, FormaForm soumettra à un groupe d’experts un ensemble d’idées reçues – assertions- portant sur les quatre dimensions suivantes :

    • Les conditions d’exercice du métier de formateur
    • Le cadre institutionnel et organisationnel
    • Le parcours personnel et professionnel
    • Les pratiques pédagogiques

 

Huit experts traiteront l’une ou l’autre de ces assertions lors d’une audition publique qui aura lieu le 28 février et le 15 mai à l’Auditorium des Moulins de Beez à Namur. Ces auditions s’apparenteront à une conférence mais aussi à un débat démocratique et à une investigation.
La synthèse de ces auditions fera l’objet de préconisations – pistes d’amélioration – soumises elles aussi à un débat public en présence des principaux concernés à savoir, les formateurs d’adultes.

Infos et inscriptions 

 

Au travers de cette conférence de consensus, FormaForm à l’ambition, à terme, d’aboutir à des recommandations collectives à destination des décideurs institutionnels et politiques de la formation d’adultes.

 

[Auteur de l’article: Franklin Kimbimbi]

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